Le Népal
Vers la fin de la guerre civile ?
L’Asie recèle tous les niveaux de développement économique, de la prospérité de Hong Kong à l’extrême pauvreté du Népal. Avec un PNB par habitant de 240$, le Népal figure parmi les pays les plus pauvres du monde. La pauvreté absolue touche 40% de la population népalaise. L’espérance de vie est de 59 ans, le taux d’alphabétisation des adultes n’est que de 44%, et la malnutrition affecte 48% des enfants de moins de cinq ans.
De ce terreau de pauvreté et de frustrations a surgi en 1996 une guérilla maoïste. Son objectif ? Mettre un terme à la monarchie et établir une "République populaire" au Népal. Depuis dix ans, la rébellion maoïste s'est livrée à une lutte armée meurtrière inspirée du combat mené par le Sentier Lumineux au Pérou. Plus de 13000 personnes ont trouvé la mort. Tant la guérilla maoïste que l’armée, selon les organisations de défense des droits de l’homme, se sont livrées à de nombreuses exactions à l’encontre de la population. Prise entre deux feux, la population népalaise a payé un lourd tribut à la guerre civile.
Le Népal est aujourd'hui à un tournant de son histoire. Après avoir connu de violentes manifestations en avril dernier, qui ont contraint le roi Gyanendra a renoncer à ses pouvoirs absolus, les maoïstes et les partis politiques ont conclu le 8 novembre un accord majeur, prévoyant l'entrée des guérilleros dans un gouvernement d'intérim d'ici le 1er décembre. Les maoïstes, de leur côté, ont accepté de placer leurs armes sous le contrôle de l’ONU, à condition que l'armée régulière népalaise fasse de même. Mais l'accord ne règle pas le sort de la monarchie, une question qui divise les deux camps et dont l'examen a été renvoyé après l'élection d'une Assemblée constituante en 2007. Et, sur le terrain, la paix est loin d’être rétablie : l’ONU a confirmé l’enlèvement récent de 39 personnes, et a réclamé aux maoïstes "la fin des incidents de tortures et de mauvais traitements". |